Accueil : contenu

Vous êtes ici : Accueil Fontenay-sous-Bois /  Actualités Vidéos /  A Fontenay /  Actus / Le feu Gaël Faye

flus rss

Le feu Gaël Faye

A Fontenay

 

 

- 2017 - Le feu Gaël Faye

Gaël FayeJeudi 5 juillet, Gaël Faye était sur la scène de l’Espace Gérard Philipe. Le concert de ce surdoué de l’écriture, Prix Goncourt des lycéens 2016, a tenu toutes ses promesses.

 

« Fascinant », « captivant », « du rythme et de la poésie ». Les commentaires à l’issue du passage de Gaël Faye sur la scène de l’Espace Gérard Philipe étaient tous assortis : pas de faute de goût pour les spectateurs métamorphosés en jury de l’école des fans. Pas le choix entre éloge et dithyrambe. Rien que de l’unanime : du plaisir servi par des veloutés de sourires. Ben, slameur fontenaysien, venu en famille pour voir le phénomène sur scène : « Ses mots, son phrasé, léché… Gaël Faye maitrise tous les flows. Et quand il s’essaie au roman, il remporte le Goncourt des lycéens ! C’est juste le talent à l’état pur. » Gaël Faye, sur le terrain de l’écriture parait sans faille. Un surdoué de la plume. Un pianiste virtuose du clavier qwerty.

 

L’écrivain qui rappait

Gaël Faye, écrivain qui rappait. A moins que ce ne soit un rappeur qui écrivait. Guillaume Chevalier, libraire de Mot à Mot, était présent avec quelques dizaines d’exemplaires de Petit Pays, le premier roman de Gaël Faye, qui fut de la short liste pour le Goncourt, mais qui rafla finalement le prix Goncourt des lycéens en novembre dernier. « Je ne connais absolument pas le travail de Gaël Faye en tant que rappeur. Par contre, j’ai été bouleversé par son livre, auto fiction sur son enfance au Burundi, qui a pour toile de fond le génocide au Rwanda. C’est une histoire poignante, sortie de ses tripes (ndlr : Gaël Faye est métisse franco-rwandais), à la portée universelle. Avec son style concis et élégant, Gaël Faye s’empare de thématiques sensibles pour ne restituer au lecteur que de la nuance... Il y a des écrivains qui ont le fond, d’autres la forme. Gaël Faye a le fond et la forme. Il n’a que 35 ans. » Certains disent que Petit Pays vibrerait comme un La vie devant soi de Romain Gary. Guillaume acquiesce : « Il y a de ça. Il y a une grande humanité dans son roman, une nostalgie du paradis perdu de l’enfance qui affleure… » Faye ne butine jamais qu’à fleur de peau.

 

Côté scène, que le jeune prodige se module slameur pur ou maître de cérémonie d’un achipé achopé (hip hop) vintage, pour Myriam Roque, programmatrice musique et coordinatrice du développement des publics à Fontenay en scènes, service culturel municipal, c’est la même histoire de coup de foudre : « Je l’ai vue sur scène à Ivry l’année dernière. Il y effectuait un travail de résidence avec des lycéens. J’ai été impressionnée par sa présence, son charisme, et sa plume subtile. Il y a beaucoup d’ego trip dans le hip hop. Gaël Faye tranche dans le genre par son humilité, sa générosité, son accessibilité et son ouverture. » Celui qui enjoint chacun de faire de sa vie un poème, qui assène que l’avenir appartient aux idéalistes, et dont la langue, ceinture noire de kung fu narratif, claque les métaphores pour faire monter les Celsius de la poésie, est clairement du genre à inspirer le réchauffement climatique au niveau relationnel. Faye est un artiste qui inspire le respect. Et la paix.

 

Christophe Jouan